Supply Chain 4.0

La digitalisation au service de la supply Chain 4.0 ?

Digitalisation de la Supply chain, de quoi parle-t-on ?

La digitalisation, terme au combien usité ces derniers temps, touche de plein fouet la supply chain. Ce phénomène est né dans les années 2000 avec la démocratisation d’internet. Nous parlons de dématérialisation des supports, de l’exploitation facilitée des données.

La digitalisation permet la collecte d’informations massive permettant d’améliorer les services rendus et de proposer de nouveaux services aux clients internes et/ou externes.

C’est un enjeu majeur pour les entreprises car elle permet d’intégrer le client au cœur de la supply chain. C’est un axe de différenciation clé permettant également d’améliorer sensiblement la compétitivité des entreprises. Les sociétés ne digitalisant pas leur supply chain peuvent souffrir d’un déficit de compétitivité.

Le niveau objectif de digitalisation doit être défini en fonction de la valeur ajoutée apportée (et donc d’impact sur le chiffre d’affaires) mais aussi en fonction des coûts de sa mise en œuvre. Une étude solution / coûts / gains doit être menée pour fiabiliser un tel projet.

Quels sont les enjeux de la digitalisation ?

Un des premiers enjeux est de permettre aux sociétés d’être plus réactives et de mieux répondre aux besoins des clients finaux. L’accès rapide à l’information est un levier majeur pour gagner en compétitivité et de s’adapter à la concurrence.

Le deuxième axe de performance de la digitalisation de la supply chain est d’améliorer le service rendu aux industriels et aux consommateurs.

L’accès rapide à des données fiables et pertinentes doit permettre de rendre plus performante les prises de décisions grâce aux big data et à l’intelligence artificielle. Cette source d’information permet aux industriels d’être plus efficace sur leur variation d’activité et de limiter l’augmentation des coûts. La mise en place d’outils numériques transversaux permet un décloisonnement des entités et favorise l’adaptabilité et la réactivité des entreprises.

In fine, la digitalisation, bien menée, est un axe d’amélioration de la performance globale des entreprises. Elle génère des opportunités d’amélioration du fonctionnement des organisations. Ce projet de fond doit être porté par la DSI et la DG sous la responsabilité de la direction des opérations.

Quelles sont les conditions pour se lancer dans la digitalisation ?

Le projet de digitalisation de la supply chain est un projet majeur de transformation. Il nécessite une forte mobilisation des ressources internes et un accompagnement fort d’une société experte qui va assurer une bonne gestion de projet. La modification en profondeur des métiers de la supply chain nécessitera une adaptation des ressources et donc un suivi dans le change management des structures.

La conjonction de l’exploitation et de la qualification précise des données allié au développement d’outils collaboratifs vont permettre d’améliorer la transmission d’information et de faire évoluer l’efficacité inter-services (marketing et production par exemple), d’optimiser la planification et donc la performance de l’outil industriel. Cette maîtrise de la data en amont sera un axe d’optimisation des coûts en gérant de manière plus fine les stocks et les approvisionnements.

Une société désireuse de se démarquer de la concurrence et d’optimiser sa performance globale lancera un projet de digitalisation pour améliorer la flexibilité et la réactivité de sa supply chain opérationnelle. La mutualisation de certains processus permettra également d’optimiser la chaîne des opérations.

La digitalisation doit être menée sous l’angle de la performance. A ce titre, la mise en place d’outils permettra de fournir des états d’avancement de l’activité et d’être plus réactif sur les prises de décision. Un calcul de prévisions plus fin et l’optimisation des opérations en temps réel sera le garant d’un pilotage optimisé de l’activité.

Les conditions de la réussite passeront inévitablement par les hommes et le projet de change management. Un des enjeux sera de faire collaborer efficacement l’ensemble des intervenants de la chain. Une gestion efficace du changement passera par une intégration très en amont de l’ensemble des métiers sujets à ces modifications.  L’information devra être claire, de qualité, transmise au bon moment, à la bonne personne.

Vers une supply chain 4.0 ?

L’objectif de la supply chain 4.0 est simple. Etre toujours plus réactif et plus à l’écoute de sa propre cible.

Les conséquences de la supply chain 4.0 sont diverses :

  • Une évolution de la taille des séries : les produits, pour répondre à une demande de plus en plus particulière, seront réalisés en plus petites quantités de manière à pouvoir renouveler les stocks plus rapidement
  • Les entreprises vont chercher une relation directe avec le consommateur. La suppression des intermédiaires est de plus en plus fréquente pour limiter la chaîne et être au plus près des besoins des consommateurs finaux. Offrir une expérience personnalisée au consommateur fait entrer dans un modèle nouveau de production à la demande par opposition à la production sur stock (Make to order vs Make to stock).
  • La supply chain 4.0 nécessite, pour l’industriel, de prendre en charge la distribution et la logistique jusqu’au client final en intégrant également la gestion des retours.

Les entreprises qui sauront s’adapter à cette révolution en sortiront vainqueurs. La digitalisation et le traitement des flux d’informations deviendra alors la clé de voûte du système.

Quels sont les enjeux de la supply chain 4.0 ?

  • La supply chain 4.0 doit permettre aux entreprises de se concentrer sur la constante amélioration des marges. L’évolution des systèmes et des processus doit permettre une meilleure gestion amont et aval, une optimisation de la relation fournisseur, de la politique approvisionnement, de la gestion des stocks, de l’outil industriel et des flux de transport;
  • La traçabilité des produits n’est plus suffisante. Elle doit s’intégrer de bout en bout et englober les conditions de fabrication (BPF), la vérification des pratiques éthiques et durables, jusqu’à l’assurance de la livraison entière et à temps;
  • L’explosion des SKU (Stock Keeping unit), articles spécifiques liés aux besoins croissants de personnalisation des consommateurs. Le client veut un choix toujours plus grand;
  • L’amélioration des processus amont (gestion des commandes / gestion des stocks) pour répondre aux nouveaux besoins;
  • Une analyse de plus en plus fine des data’s, la mise en place d’outil d’intelligence artificielle doivent permettre une prise de décision rapide et une meilleure réactivité. La mise en place de tableau de bord simple et efficace est un prérequis;
  • L’agilité dans les approvisionnements. La fiabilité dans les prévisions doit permettre une redéfinition de la relation avec les fournisseurs, la définition d’une nouvelle politique appro, d’une nouvelle manière d’envisager la gestion de ses stocks. Ces éléments doivent entraîner une meilleure performance économique et un contrôle accru sur les coûts;
  • L’exactitude dans les livraisons. Ce point est crucial. La capacité à livrer au client le produit attendu dans la quantité attendue et au bon moment sera source de différenciation forte. L’OTIF (On Time In Full) sera un des indicateurs clé de la performance;
  • L’automatisation des entrepôts. Cette nouvelle donne supply chain ne pourra être supportée qu’avec des entrepôts nouvelle génération entièrement automatisés. La réactivité, la flexibilité passera par des outils de gestion des entrepôts dernière génération. Ces entrepôts 4.0 permettront agilité, contrôle des coûts et satisfaction des clients finaux.

Yannick Huon
Directeur de la BU Supply Chain Management



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