mutualisation véhicule

De la détention vers l’usage : l’arrivée des nouvelles mobilités

Que ce soit pour des déplacements personnels, professionnels ou pour se rendre sur son lieu de travail, la mobilité est un enjeu clé pour chacun. Diverses solutions existent mais toutes semblent converger vers des objectifs communs : répondre à un usage plutôt qu’à une volonté de possession, et repenser la notion de mobilité en plaçant le collaborateur au cœur de la problématique plutôt que les modes de transport. Et ce dans le but accroître et faciliter la mobilité des collaborateurs mais également de réduire l’impact environnemental et optimiser les dépenses.

A titre privé pour se rendre sur son lieu de travail, la localisation géographique est déterminante pour le choix utilisé. Dans le cas où des solutions de transports en commun sont abondantes, cette solution est largement privilégiée et peu challengée. Pour les autres cas (majoritaires), des alternatives sont nécessaires afin de palier les désagréments (coûts, fatigue, pratique, etc.).  La solution la plus évidente reste l’utilisation de son véhicule personnel (en France, 68% des salariés utilisent leur véhicule personnel pour aller au travail). Vient ensuite le covoiturage entre salariés d’une même structure ou entre voisins. Pour autant cette solution reste encore embryonnaire et peu duplicable.

Pour la majorité des français, il est de la responsabilité des entreprises de proposer des solutions de mobilité.

L’entreprise doit maintenant penser les déplacements de demain. La loi de transition énergétique, l’extrême digitalisation des outils, mais aussi la vision et les attentes des salariés indiquent que c’est un sujet qui doit être traité par les entreprises. Elle doit s’impliquer dans les déplacements de ses salariés, afin de continuer à attirer et conserver les talents. En témoigne, l’obligation, pour les entreprises regroupant au moins 100 salariés sur un même site, de mettre en place un Plan de Déplacement Entreprise (PDE) à partir du 1er janvier 2018.

Les règles RSE et la productivité des salariés sont des leviers clés pour inciter les entreprises à réfléchir autrement.

De nombreux acteurs avec des solutions diverses émergent depuis quelques années. Les principaux  leviers concernent  la mutualisation et la réduction des véhicules de l’entreprise.

La première démarche est souvent de mettre à disposition un pool de véhicules pour les déplacements professionnels des collaborateurs. Toujours dans un souci de favoriser la mobilité des collaborateurs ces véhicules peuvent également être utilisés à des fins personnelles moyennant un coût de réservation attractif.

Ensuite, et afin de répondre plus à un usage qu’à une détention, certaines entreprises proposent à leurs cadres dirigeants un crédit-mobilité pouvant se matérialiser sous 2 formes :

  • 1ère option, le collaborateur dispose d’un véhicule de gamme inférieure à ce que la politique automobile l’autorise habituellement, et d’un budget complémentaire utilisable pour d’autres modes de transport (location courte durée, taxis, VTC, train,… ;
  • 2ème option, le collaborateur bénéficie uniquement d’une enveloppe budgétaire et ne dispose plus de véhicule de statut. Le montant correspond souvent à la valorisation du véhicule de statut initialement prévu.

Bien que cette dernière solution semble gagnant-gagnant tant pour les salariés, que pour les entreprises, celle-ci se révèle peu souple et très onéreuse car assujettie aux avantages en nature. Par ailleurs, cette offre concerne majoritairement la région parisienne et les prestataires proposant ses solutions sont encore à la recherche de maturité.

Du covoiturage au crédit-mobilité en passant par l’autopartage, des solutions existent et les start-ups ne cessent de voir le jour. Alors que l’ensemble des acteurs avancent encore à tâtons, il est fort probable que ces solutions trouveront leur public lorsque la réglementation et la fiscalité inciteront les entreprises vers l’usage plutôt que la possession. A horizon 2040, la commercialisation des véhicules thermiques pourraient être interdits. D’ici là, les offres de mobilité devront gagner en maturité.

Marie-Hélène BENAROUCH
Consultante Achats – Experte Flottes Automobiles
BU Ressources humaines



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